Monuments

PHOTOGRAPHIES, INSTALLATION

 

OUTRE-MER, mémoires coloniales  / OVERSEAS, memories of colonialism, 2003-2008

C’est sur les vestiges de l’empire colonial français que s’est construit ce projet. Les mémoires intimes et collectives d’un passé glorieux et sanglant disparaissent parfois dans la nature et l’oubli, mais elles restent gravées dans les questionnements identitaires de notre pays.

Le point de départ du projet est un regard photographique sur les traces de cette histoire. Ce travail a commencé en 2003, au Jardin d’agronomie tropicale à Nogent-sur-Marne, où s’est tenue l’exposition coloniale de 1907 dont certains bâtiments subsistent toujours. Des monuments, dédiés aux soldats coloniaux, se mêlent à la végétation et m’ont frappé par leur délabrement et leur manque de visibilité. Ce fut l’amorce de ce travail qui s’est poursuivi de 2006 à 2008 dans différentes villes de France et qui a fait l’objet d’une première exposition en France à l’Espace Khiasma, aux Lilas, en mai 2008.

La série photographique Monuments nous révèle à la fois la présence et l’invisibilité dans l’espace public de ces objets de mémoire liés à la colonisation française. La photographie comme le monument commémoratif nous montrent quelque chose mais ne nous dit rien. La taille imposante des ouvrages nous tient à distance et rend nécessaires le rapprochement et l’analyse des détails. Le monument n’est qu’un pansement sur une plaie mal cicatrisée et la célébration de la mémoire n’apporte rien si les traumatismes ne sont pas expliqués et mis à distance.

OUTRE-MER est composé des séries photographiques Monuments, Plaques et Oui mon commandant. Ce projet a bénéficié du soutien de l’Espace Khiasma, aux Lilas, France.

 

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Monuments, Espace Khiasma, Les Lilas, France, 2008

 

The Monuments series reveals how these memorials to France’s colonial past are present yet invisible in public spaces. The photos, like the commemorative monuments, show us something but tell us nothing. The imposing scale of the monuments keeps us at a distance meaning a closer examination is needed for any detailed analysis. The monuments are merely bandages on a badly healed wound – honoring memory serves no purpose if the trauma has not been explained and dealt with.

OUTRE-MER comprises three series of photos: Monuments, Plaques and Oui mon commandant (Yes Sir). This project was backed by Espace Khiasma, Les Lilas, Paris.

Two articles by the visual artist Miki Nitadori on his blog : monday, january 11, 2010 and monday, june 30, 2008 :

- "His monuments work are printed in soft pastel tones that gives a feeling of timelessness.Even they were photographed in France, it feels as it is somewhere else. When i look at these images I imagine the faces of people who passed away in will to obtain their belonging. Belonging to the nation. Many people went to war with this hopes and some came back and others didn't. These images moves me. These images are presented on the ground, somehow like a tomb and viewing them gives me the feeling of being part of this history and creates the feeling of dialogue with the past souls."(...) Passés composés : Dimitri Fagbohoun - Yo-Yo Gonthier

- "At beginning, these images gave me the feeling of looking at eye pleasing monuments from the past.
When I look at them further I understand that they were for the people who fought the war and lost their lives. After few seconds more , suddenly they hit me, it is not the past but the present, that that each monuments made France: the large square. I think the images are placed on the ground because they are not for admiration but seen as what it is, the basis of construction of France." (...) 
Outre-Mer : des memoires coloniales by Yoyo Gonthier and Marie Gueret
 

Télécharger le dossier de presse du projet OUTRE-MER : OUTRE-MER   

Espace Khiasma, mai-juin 2008

OUTRE-MER est composé de cinq parties dont trois photographiques : Monuments, Plaques et Oui mon commandant. Une série de textes extraits de discours et d’écrits divers sur la question coloniale, intitulée Les citations et un travail littéraire composé de treize récits écrits à partir des photographies par l’écrivaine Sophie Maurer sont publiés dans le journal de l’exposition.

 

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Le tombeau de Lyautey, triptyque, 2008, photographie argentique, Hôtel des Invalides, Paris,


- La série photographique Monuments nous révèle à la fois la présence et l’invisibilité dans l’espace public de ces objets de mémoire liés à la colonisation française. La photographie comme le monument commémoratif nous montrent quelque chose mais ne nous dit rien. La taille imposante des ouvrages nous tient à distance et rend nécessaires le rapprochement et l’analyse des détails. Le monument n’est qu’un pansement sur une plaie mal cicatrisée et la célébration de la mémoire n’apporte rien si les traumatismes ne sont pas expliqués et mis à distance.

 

Monuments Khiasma Plaques Khiasma


- Dans l’installation des Plaques, des écritures apparaissent. Elles nous racontent les mémoires partielles et partiales de la colonisation française : les conquêtes, les soldats coloniaux et les luttes pour les indépendances. Ces plaques commémoratives nous révèlent qu’il y a eu, à un moment précis, à la suite d’événements historiques, la nécessité d’inscrire dans la pierre le devoir de mémoire. Dans un même mouvement d’apparition et de disparition, il est question d’une confrontation des mémoires dans une société qui peine à se projeter dans un passé et un avenir commun. Un glissement intervient, entre mémoire intime et collective, entre mémoire et histoire, entre interprétation et réappropriation de la réalité.


salon OM khiasma Citations Khiasma


- La série Oui mon commandant, en cours de réalisation, questionne les réminiscences d’une culture coloniale empreinte de stéréotypes, telle la figure du colon qui hante toujours l’espace public, les discours politiques les medias français et les vitrines de nos magasins occidentaux.
Reprenant la forme accumulative des salons de curiosités, le Salon colonial présentait la matière rassemblée autour du projet et proposait des repères historiques et iconographiques depuis les débuts de la colonisation jusqu’à aujourd’hui.


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• Télécharger le journal d’exposition, espace Khiasma 2008 : OUTRE-MER  journal d’exposition

OUTRE-MER journal d’exposition

 

Overseas, memories of colonialism, Yo-Yo Gonthier, Marie Gueret

Photographs, sound and video installations Espace Khiasma, May-June 2008

The remnants of France’s colonial empire formed the backdrop to this project. Nature and forgetfulness may obliterate the personal and collective memory of what was both a glorious and bloody past, but that memory remains deeply ingrained in our country’s questioning of identity.

The project used the photographic eye as a starting point to trace this history. Work began in 2003 in the tropical agronomy gardens in Nogent-sur-Marne, site of the 1907 colonial exhibition, where some of the original buildings still remain. I was struck by how dilapidated and almost invisible the monuments to the colonial soldiers were, buried within the vegetation. From these beginnings, the project continued from 2006 to 2008 in various towns across France, giving rise to a first exhibition in France et Espace Khiasma, Les Lilas, Paris in May 2008.

OUTRE-MER is a five-part show, including three photography exhibits entitled Monuments, Plaques and Oui mon commandant (Yes Sir). The exhibition catalogue brings together extracts from discussions and written presentations on colonial issues by the writer Sophie Maurer, using photos as a backdrop.

- The Monuments exhibit reveals how these memorials to France’s colonial past are present yet invisible in public spaces. The photos, like the commemorative monuments, show us something but tell us nothing. The imposing scale of the monuments keeps us at a distance meaning a closer examination is needed for any detailed analysis. The monuments are merely bandages on a badly healed wound – honoring memory serves no purpose if the trauma has not been explained and dealt with.

- In Plaques, we see written records – which are both one-sided and incomplete accounts of French colonialism: the victories, the colonial armies and the struggle for independence. Following in the wake of historical events, these commemorative plaques epitomized the decision to inscribe in stone the duty of remembering – lest we forget… Half forgotten memories are summonsed, forcing a society which is struggling to find a common past and future to confront its memories. What results is a shift between personal and collective memory, between memory and history, between the interpretation and reappropriation of reality.

- The Oui mon commandant (Yes Sir) exhibit, still a work in progress, raises questions about a colonial culture steeped in stereotypes – the image of the colonial settler, forever presiding over the public square, the French politics and media, the western shopfronts.
Adopting the style of a colonial showcase of curios, the exhibition presents the material collected over the course of the project, offering historical and visual landmarks from the beginnings of colonialism to the present day.

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