Yo-Yo Gonthier est né en 1974 à Niamey, Niger. il vit et travaille à Carbonne, France.  Rencontres de     Bamako 09
 
Yo-Yo Gonthier, photographe plasticien, questionne l’effacement de la mémoire dans une société occidentale où la vitesse, le progrès et la technologie semblent être les valeurs essentielles. En 2004, il publie Les lanternes sourdes, chez Trans photographic press. Il s’intéresse aussi aux réminiscences de la culture coloniale en France dans le projet Outre-Mer, nominé au Prix Kodak de la Critique Photographique en 2005. Il participe, en 2008, à In situ, programme expérimental de résidence d’artistes dans des collèges, initié par le Conseil Général de Seine Saint-Denis. Il participe aux Rencontres de Bamako, au Mali, en 2005 et en 2009, à Kréyol Factory en 2009. En 2010, il coordonne un projet mêlant photographie et création sonore en direct pour le premier Addis Foto Fest, à Addis Abeba en Éthiopie. Depuis 2011, il construit des projets collectifs artistiques et participatifs. En 2013, il fait intervenir près de deux cents personnes sur la construction d’un aérostat de huit mètres de long nommé Le nuage qui parlait.
 
En 2015, Le nuage qui parlait poursuit son voyage à Abidjan avec la performance L’empreinte, en prologue de l’exposition Présences à la Galerie Cécile Fakhoury auquel il participe. Cette même année, sa série Pieds de bois est présentée dans le cadre du Off des 10ème Rencontres de Bamako à travers une installation in situ pour l’exposition à découvert au Blabla hippodrome.
 
En 2016, son travail est sélectionné par la Biennale de Dakar pour être présenté à l’exposition internationale “Réenchantements” à l’ancien Palais de justice.

Yo-Yo Gonthier is born in 1974 in Niamey, Niger. He lives and Work in Toulouse. The object of his work is the erasure of memory in a western world where the essential values seem to be speed, progress and technology. His researches have been published in Les lanternes sourdes, at trans phographic press, in 2004. He is also interested in the remnants of France’s colonial past in the Outre-Mer project, nominated for the Prix Kodak de la critique photographique in 2OO5. He participated in Bamako Encounters, in 2005, 2009 and 2015, in Kreyol factory, Paris, in 2009, Addis Foto Fest, Ethiopia, in 2010, Intense proximity, Paris, in 2012. Since his participation in In Situ, artists in residence program in midlle schools, in Seine-Saint-Denis, France, in 2008, He build monumental projects in public space combining collaborative, artistic and participative approach. In 2013, he involves nearly two hundred persons in the construction of an eigth meters long airship named Le nuage qui parlait (the talking cloud). In 2015, "the cloud" continued its trip to Abidjan with the performance L'empreinte (the imprint), in prologue of the exhibition Présences at Cécile Fakhoury Gallery in which he participated. That same year, his Pieds de bois series is presented as part of the Off of the 10th Rencontres de Bamako through an in situ installation for the open exhibition at the Blabla Hyppodrome.
In 2016, his work is selected by the Dakar Biennale to be presented at the international exhibition "Reenchantments" at the former Palais de Justice.

 
Yo-Yo Gonthier met en place des protocoles techniques et humains dont l’ultime finalité est de parvenir à saisir un fragment de merveilleux. Ce dernier est envisagé par l’artiste comme une émanation, un surgissement, l’apparition d’un phénomène qui, dans son œuvre, ne doit rien au hasard. La capture du merveilleux se prépare longuement, elle fait l’objet d’un projet qui s’élabore sur plusieurs années. Alors le merveilleux, l’engagement et la lenteur se conjuguent au creux d’une philosophie où « le processus est plus important que le résultat ». L’artiste ne travaille pas seul, chaque projet réclame un investissement collectif non seulement pour la fabrication d’instruments, d’engins volants, mais aussi pour la récolte d’informations, d’envies, de témoignages, de compétences. L’œuvre se fait alors pluridisciplinaire et participative. En fédérant un groupe autour d’un même projet, il active un « geste collectif, sublime et laborieux ». L’énergie est mise au service d’une réflexion portée sur notre présence au monde, nos relations aux humains, aux paysages et à l’Histoire. L’Ile de la Réunion constitue un territoire clé dans cette réflexion. Yo-Yo Gonthier sonde la part merveilleuse de l’île en expérimentant ses habitants, ses paysages, sa flore, ses éléments, ses lumières et ses origines. Les œuvres de Yo-Yo Gonthier comportent une dimension contemplative qui s’inscrit à rebours des sociétés contemporaines. Il s’agit alors de ralentir la cadence pour prendre le temps de regarder et de comprendre un monde où la fuite en avant mène à l’oubli, à la dispersion des consciences, à la perte de repères (individuels et collectifs) et à l’évanouissement du merveilleux. Julie Crenn, art press
 
 
Yo-Yo Gonthier sets up technical and human procedures whose ultimate purpose is to capture a fragment of the mysterious. For the artist, the mysterious is a phenomenon which, owing nothing to chance, emanates, emerges or appears in his work. The focus of a project developed over years, capturing the mysterious requires extensive preparation. Thus he joins the mysterious, the idea of commitment, and a willfully slow process in a philosophy in which “the process is more important than the result”. The artist does not work alone. Each project requires a collective investment not only for the making of instruments and flying machines, but also for the gathering of information, desires, testimonies, and skills. Works are therefore multidisciplinary and participative. By uniting a group around a project, he creates a “sublime, collective, complex gesture”. A concentration of energy is dedicated to a reflection on our presence in the world, our relationships with people, our travels through History. Reunion Island plays a key role in this reflection. Yo-Yo Gonthier probes the island’s mystery by investigating its inhabitants, landscapes, flora, elements, light and origins. Yo-Yo Gonthier’s pieces include a contemplative dimension that is out of sync with contemporary societies. His work is about slowing down, taking the time to look at and understand a world where rushing ahead  leads to oblivion, to scattered awareness, to losing our collective and individual bearings and to the disappearance of the mysterious. Julie Cren, art press