Yo-Yo Gonthier met en place des protocoles techniques et humains dont l’ultime finalité est de parvenir à saisir un fragment de merveilleux. Ce dernier est envisagé par l’artiste comme une émanation, un surgissement, l’apparition d’un phénomène qui, dans son œuvre, ne doit rien au hasard. La capture du merveilleux se prépare longuement, elle fait l’objet d’un projet qui s’élabore sur plusieurs années. Alors le merveilleux, l’engagement et la lenteur se conjuguent au creux d’une philosophie où « le processus est plus important que le résultat ». L’artiste ne travaille pas seul, chaque projet réclame un investissement collectif non seulement pour la fabrication d’instruments, d’engins volants, mais aussi pour la récolte d’informations, d’envies, de témoignages, de compétences. L’œuvre se fait alors pluridisciplinaire et participative. En fédérant un groupe autour d’un même projet, il active un « geste collectif, sublime et laborieux ». L’énergie est mise au service d’une réflexion portée sur notre présence au monde, nos relations aux humains, aux paysages et à l’Histoire. L’Ile de la Réunion constitue un territoire clé dans cette réflexion. Yo-Yo Gonthier sonde la part merveilleuse de l’île en expérimentant ses habitants, ses paysages, sa flore, ses éléments, ses lumières et ses origines. Les œuvres de Yo-Yo Gonthier comportent une dimension contemplative qui s’inscrit à rebours des sociétés contemporaines. Il s’agit alors de ralentir la cadence pour prendre le temps de regarder et de comprendre un monde où la fuite en avant mène à l’oubli, à la dispersion des consciences, à la perte de repères (individuels et collectifs) et à l’évanouissement du merveilleux. Julie Crenn
 
Yo-Yo Gonthier questionne l’effacement de la mémoire dans une société occidentale où la vitesse, le progrès et la technologie semblent être les valeurs essentielles. Les notions d'émerveillement, d'engagement et de geste collectif sont au centre de de son travail. En 2003, son travail photographique, Les lanternes sourdes, est publié chez Trans photographic press. Il s’intéresse aussi aux réminiscences de la culture coloniale dans le projet Outre-Mer, nominé au Prix Kodak de la critique photographique en 2005. Il participe à la Biennale africaine de la photographie, à Bamako, au Mali, en 2005, 2009 et 2015,  à Kréyol factory en 2009, La Triennale, Intense proximité en 2012, Addis Foto Fest, Ethiopie en 2010 et 2012. Depuis sa participation en 2008, à In situ, programme de résidence dans les collèges en Seine-Saint-Denis, il construit des projets, collectifs et participatifs, faisant intervenir des centaines de personnes, comme en 2013 sur la construction d'un aérostat de huit mètres de long nommé Le nuage qui parlait. L'aérostat à déjà surgit en Ile de France, à La Réunion, en Côte d'Ivoire, au Sénégal et au Niger, son voyage continue.
 
Yo-Yo Gonthier sets up technical and human procedures whose ultimate purpose is to capture a fragment of the mysterious. For the artist, the mysterious is a phenomenon which, owing nothing to chance, emanates, emerges or appears in his work. The focus of a project developed over years, capturing the mysterious requires extensive preparation. Thus he joins the mysterious, the idea of commitment, and a willfully slow process in a philosophy in which “the process is more important than the result”. The artist does not work alone. Each project requires a collective investment not only for the making of instruments and flying machines, but also for the gathering of information, desires, testimonies, and skills. Works are therefore multidisciplinary and participative. By uniting a group around a project, he creates a “sublime, collective, complex gesture”. A concentration of energy is dedicated to a reflection on our presence in the world, our relationships with people, our travels through History. Reunion Island plays a key role in this reflection. Yo-Yo Gonthier probes the island’s mystery by investigating its inhabitants, landscapes, flora, elements, light and origins. Yo-Yo Gonthier’s pieces include a contemplative dimension that is out of sync with contemporary societies. His work is about slowing down, taking the time to look at and understand a world where rushing ahead  leads to oblivion, to scattered awareness, to losing our collective and individual bearings and to the disappearance of the mysterious. Julie Crenn

The object of his work is the erasure of memory in a western world where the essential values seem to be speed, progress and technology. His researches have been published in Les lanternes sourdes, at trans phographic press, in 2004. He is also interested in the remnants of France’s colonial past in the Outre-Mer project, nominated for the Prix Kodak de la critique photographique in 2OO5. He participated in Bamako Encounters, in 2005, 2009 and 2015, in Kreyol factory, Paris, in 2009, Addis Foto Fest, Ethiopia, in 2010, Intense proximity, Paris, in 2012. Since his participation in In Situ, artists in residence program in midlle schools, in Seine-Saint-Denis, France, in 2008, He build monumental projects in public space combining collaborative, artistic and participative approach. In 2013, he involves nearly two hundred persons in the construction of an eigth meters long airship named Le nuage qui parlait (The cloud who spoke).