Yo-Yo Gonthier est né en 1974 à Niamey, Niger. il vit et travaille à Carbonne, France.  CV : Rencontres de     Bamako 09
 
Yo-Yo Gonthier met en place des protocoles techniques et humains dont l’ultime finalité est de parvenir à saisir un fragment de merveilleux. Ce dernier est envisagé par l’artiste comme une émanation, un surgissement, l’apparition d’un phénomène qui, dans son œuvre, ne doit rien au hasard. La capture du merveilleux se prépare longuement, elle fait l’objet d’un projet qui s’élabore sur plusieurs années. Alors le merveilleux, l’engagement et la lenteur se conjuguent au creux d’une philosophie où « le processus est plus important que le résultat ». L’artiste ne travaille pas seul, chaque projet réclame un investissement collectif non seulement pour la fabrication d’instruments, d’engins volants, mais aussi pour la récolte d’informations, d’envies, de témoignages, de compétences. L’œuvre se fait alors pluridisciplinaire et participative. En fédérant un groupe autour d’un même projet, il active un « geste collectif, sublime et laborieux ». L’énergie est mise au service d’une réflexion portée sur notre présence au monde, nos relations aux humains, aux paysages et à l’Histoire. L’Ile de la Réunion constitue un territoire clé dans cette réflexion. Yo-Yo Gonthier sonde la part merveilleuse de l’île en expérimentant ses habitants, ses paysages, sa flore, ses éléments, ses lumières et ses origines. Les œuvres de Yo-Yo Gonthier comportent une dimension contemplative qui s’inscrit à rebours des sociétés contemporaines. Il s’agit alors de ralentir la cadence pour prendre le temps de regarder et de comprendre un monde où la fuite en avant mène à l’oubli, à la dispersion des consciences, à la perte de repères (individuels et collectifs) et à l’évanouissement du merveilleux.
 
Julie Crenn, Art press.
 

Les terrains d’expérimentation de Yo-Yo Gonthier sont tout à la fois des Zones de lumière, des affleurements de sons, des échos. Baignés d’étrangeté, les mystères distillés sous nos yeux restent suspendus. Proches des territoires de l’enfance, ils appellent les souvenirs, ceux des cabanes, ceux des fusées qui foncent vite dans le ciel.
De photographies en dessins, au gré des carnets, le mouvement de caméra s’installe. L’impact cinématographique frappe. L’œuvre chaloupe sur des instantanés piochés tout droit dans nos souvenirs.
Alors, on aime à se perdre au fil des projets, des mots et des images dont on pressent les bruissements et des tonalités singulières. Ici, les apparitions de dinosaures tout près des machines volantes où s’adossent de petits personnages crayonnés en quête d’absolu, là les photographies de bâtiments seuls telles des apparitions éclairées. Tout ce monde défile sous nos yeux, et, à la faveur de nos imaginaires, on se refait une toile : Le voyage dans la lune de Georges Meliès (1902), Interstellar de Christopher Nolan (2014), Aguirre ou la colère de dieu de Werner Herzog (1972), The Lost City of Z de James Gray (2017), Tarzan de W. S. Van Dyke (1932), Little Nemo de Winsor Mc Cay (1905). S’invite de page en page, le rêve comme un éclat fantastique. Il se joue dans ce travail, un art du décalage qui initie au voyage dans le temps. Le spectateur se surprend à vivre un état de rêve éveillé. Cette systématique investigation de petites zones peu sûres nous fait effleurer la réalité d’un cosmos, l’espace d’un court instant. Un fragment de merveilleux.
 
Valérie Mazouin, directrice de La Chapelle Saint-Jaques, Centre d'Art contemporain, Saint-Gaudens.
 
 
Biographie :
 
Yo-Yo Gonthier, photographe plasticien, questionne l’effacement de la mémoire dans une société occidentale où la vitesse, le progrès et la technologie semblent être les valeurs essentielles. En 2004, il publie Les lanternes sourdes, chez Trans photographic press. Il s’intéresse aussi aux réminiscences de la culture coloniale en France dans le projet Outre-Mer, nominé au Prix Kodak de la Critique Photographique en 2005. Il participe, en 2008, à In situ, programme expérimental de résidence d’artistes dans des collèges, initié par le Conseil Général de Seine Saint-Denis. Il participe aux Rencontres de Bamako, au Mali, en 2005 et en 2009, à l'exposition Kréyol Factory en 2009 au Parc de la Vilette à Paris. En 2010, il coordonne un projet mêlant photographie et création sonore en direct pour le premier Addis Foto Fest, à Addis Abeba en Éthiopie. En 2012, le quatrième volet de la série Outre-Mer est exposé dans La Triennale, Intense proximité, au Palais de Tokyo et a Bétonsalon, à Paris. Depuis, il construit des projets collectifs artistiques et participatifs. En 2013, il fait intervenir près de deux cents personnes sur la construction d’un aérostat de huit mètres de long nommé Le nuage qui parlait. En 2015, Le nuage qui parlait poursuit son voyage à Abidjan avec la performance L’empreinte, en prologue de l’exposition Présences à la Galerie Cécile Fakhoury auquel il participe. Cette même année, sa série Pieds de bois est présentée dans le cadre du Off des 10ème Rencontres de Bamako à travers une installation in situ pour l’exposition à découvert au Blabla hippodrome. En 2016, son travail est sélectionné par la Biennale de Dakar pour être présenté à l’exposition internationale “Réenchantements” à l’ancien Palais de justice. 
 
 
Yo-Yo Gonthier sets up technical and human procedures whose ultimate purpose is to capture a fragment of the mysterious. For the artist, the mysterious is a phenomenon which, owing nothing to chance, emanates, emerges or appears in his work. The focus of a project developed over years, capturing the mysterious requires extensive preparation. Thus he joins the mysterious, the idea of commitment, and a willfully slow process in a philosophy in which “the process is more important than the result”. The artist does not work alone. Each project requires a collective investment not only for the making of instruments and flying machines, but also for the gathering of information, desires, testimonies, and skills. Works are therefore multidisciplinary and participative. By uniting a group around a project, he creates a “sublime, collective, complex gesture”. A concentration of energy is dedicated to a reflection on our presence in the world, our relationships with people, our travels through History. Reunion Island plays a key role in this reflection. Yo-Yo Gonthier probes the island’s mystery by investigating its inhabitants, landscapes, flora, elements, light and origins. Yo-Yo Gonthier’s pieces include a contemplative dimension that is out of sync with contemporary societies. His work is about slowing down, taking the time to look at and understand a world where rushing ahead  leads to oblivion, to scattered awareness, to losing our collective and individual bearings and to the disappearance of the mysterious. Julie Cren, art press 
 

Yo-Yo Gonthier is born in 1974 in Niamey, Niger. He lives and Work in Toulouse. The object of his work is the erasure of memory in a western world where the essential values seem to be speed, progress and technology. His researches have been published in Les lanternes sourdes, at trans phographic press, in 2004. He is also interested in the remnants of France’s colonial past in the Outre-Mer project, nominated for the Prix Kodak de la critique photographique in 2OO5. He participated in Bamako Encounters, in 2005, 2009 and 2015, in Kreyol factory, Paris, in 2009, Addis Foto Fest, Ethiopia, in 2010, Intense proximity, Paris, in 2012. Since his participation in In Situ, artists in residence program in midlle schools, in Seine-Saint-Denis, France, in 2008, He build projects in public space combining collaborative, artistic and participative approach. In 2013, he involves nearly two hundred persons in the construction of an eigth meters long airship named Le nuage qui parlait (the talking cloud). In 2015, "the cloud" continued its trip to Abidjan with the performance L'empreinte (The imprint), in prologue of the exhibition Presences at Cécile Fakhoury Gallery in which he participated. That same year, his Pieds de bois series is presented as part of the Off of the 10th Rencontres de Bamako through an in situ installation for the open exhibition at the Blabla Hyppodrome.
In 2016, his work is selected by the Dakar Biennale to be presented at the international exhibition "Reenchantments" at the former Palais de Justice.