La cour / The court yard

 

La Cour est une oeuvre née de la rencontre entre les artistes François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier, un espace plastique évolutif où l’esthétique de chacun se meut librement dans l’échange. Depuis quatre ans, François- Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier tissent un dialogue qui ne cesse de s’enrichir: La Cour capte une série d’expériences communes. À Découvert, présenté lors des 10ème Rencontres de la Photographie de Bamako au Mali marque le début de ce dialogue. La Biennale africaine de la Photographie, comme le Blabla Hippodrome où est présentée l’installation sont des lieux connecteurs d’idées et de gens. Pour les deux artistes, la photographie permet ici de jouer un double de la réalité: elle est un écran vers des possibles qu’il appartient au spectateur de questionner. La réflexion commune se prolonge avec l’exposition Lueurs Noires à la Galerie Cécile Fakhoury à Abidjan en 2016. Dans la pénombre de la galerie, François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier nous invitent à dépasser l’éclat de l’évidence pour emprunter les chemins de traverse de l’image qui, peut-être, déboucheront sur de nouvelles manières de voir et de regarder. En 2017, ils investissent le Cinéma El Hilal, Médina Coura, c’est la première apparition de La Cour où l’obscurité du cinéma se fait le lieu de tous les imaginaires. Dans le contexte trouble du Mali contemporain, François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier s’interrogent alors sur le poids des rêves de la jeunesse d’aujourd’hui. Les murs du cinéma deviennent les interlocuteurs à part entière d’une discussion ouverte autour de la liberté d’expression, de l’art, de la politique, et sur la nécessité de rêver, d’inventer, de questionner, et des possibilités de le faire. Aujourd’hui à Paris Photo, l’accrochage revêt les formes d’une étape synthétique: elle est relais dans le mouvement originel d’une collaboration qui gagnera bientôt de nouveaux territoires, car La Cour se déploie, dans les déplacements d’un pays à uncontinent, d’une circonstance à un moment. Elle s’enrichit de la matière qui l’entoure, de l’in-situ comme de l’occurrence.

La Cour [The Courtyard] is an artwork born from the meeting between artists François-Xavier Gbré and Yo-Yo Gonthier. It is a visual and evolutive space wherein each artist’s aesthetic is freely moving and interacting. Since four years, François-Xavier Gbré and Yo-Yo Gonthier have been building a richer and  deeper dialogue: La Cour captures this series of shared experiences.
The installation À Découvert was exhibited during the 10th Rencontres de la Photographie in Bamako, Mali. It is the starting point of this artistic dialogue. The African Photography Biennial, as is Blabla Hippodrome where the installation was set, are places connecting people and ideas. There, François-Xavier Gbré and Yo-Yo Gonthier conceive photography as an alter ego for reality: photography is an open door to digg into alternative realities the viewer is free to question. The common reflexion is taking shape again for the show Lueurs Noires at Galerie Cécile Fakhoury - Abidjan in 2016. In the dim light of the gallery, François-Xavier Gbré and Yo-Yo Gonthier are inviting us to forestep the glaring evidence and encourage us to explore side roads contained within their images as they have a the power to open on new ways of seeing. In 2017, they are taking possession of Cinema El Hilal, in Bamako, Mali. It is the first episode of La Cour. There, the obscurity of the cinema becomes the place for all dreams to happen. Within the conflicted socio-political context in contemporary Mali, François-Xavier Gbré and Yo-Yo Gonthier are questioning the future of younger generations‘ hope today. The cinema’s walls are turned into the conversation partners of an open discussion about freedom of speech and art, about politics, and about the need for dream, for inventing, for questioning and the possibilities to do so. Today, in Paris Photo, the display is a synthesis of this all : a moment in the original mouvement of a collaboration which will soon reach out new territories, as for La Cour is existing in movements from a country to a continent, from a circumstance to a moment. It gets richer from the matter which surrounds it, from the in situ as from the circumstances.

 

La cour, une installation photographique collaborative, Cinéma de Medina Coura, Bamako, Mali

François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier invitent le photographe Nii Obodaï et le réalisateur Kal Touré 

11e édition de la Biennale Africaine de la Photographie, Mali, 2 décembre 2017 - 31 janvier 2018

 

Un cinéma, lieu de tous les possibles, de tous les imaginaires, une fenêtre ouverte sur le monde. Dans un contexte politico-militaire particulièrement difficile depuis 2012, quelles projections pour la jeunesse malienne ? Que sont devenus les rêves d’hier ? Écorchés, décrépis, comme les murs sur lesquels nous voulons intervenir. Nous sommes ici réunis autour d’une proposition collective, questionnant la liberté d'expression, l'histoire, l'art et le politique. Dans la cour du Cinéma de Medina Coura, cette installation photographique in situ propose un cadre à la discussion, pour interroger encore, penser et espérer.

Contraints par un monde rapide, fait de rapports de force et de domination, d’isolement et de frontières, nous cherchons ici la résonnance d’une pensée commune. Par ce geste collaboratif, nous empruntons des chemins de traverse, de nouvelles manières de voir et de regarder, de réfléchir la société dans laquelle nous vivons.

Ici, à Bamako où nous nous sommes rencontrés, nous revenons partager nos expériences, concernés et conscients, malgré les difficultés d’exister, de la nécessité de nous écouter, de discuter, de travailler ensemble, ici et maintenant, dans La cour.

A movie theater, a place where anything is possible and imagination is on the loose; an open window to the world. The local political and military setting has been particularly tough since 2012. How can the youth of Mali project itself into the future? What has become of yesterday’s dreams? As skinned and decrepit as the walls we intervene on. Here we are, gathered around a collective proposal, questioning freedom of expression, history, art and politics. In The courtyard of Medina Coura Cinema, this in situ photographic installation offers a framework for discussing, renewed questioning, thinking and hoping.

Compelled by a fast-moving world, driven by power,domination, isolation and borders, we are here seeking echoes of a common thought. Through this collaborative endeavor, we are following side roads, new ways of seeing and looking, reflecting the society we live in.

Notwithstanding existential hardships, we return to Bamako where we met to share our experiences, worried and aware of the need to listen to each other, to discuss, to work together, here and now in The court yard.

François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier, novembre 2017

Télécharger le dossier de presse : Résidence In Situ


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Paris photo, Grand Palais, novembre 2018

La cour, Une archéologie entre-mondes

Explorer, arpenter, fouiller, creuser, sonder, passer, trouver parfois.
Contraints par un monde rapide, fait de rapports de force et de domination, d’isolement et de frontières, nous sommes ici réunis autour d’une proposition collective, questionnant la liberté d’expression, l’histoire, l’art et le politique. Par ce geste collaboratif, nous empruntons des chemins de traverse, de
nouvelles manières de regarder et de voir, de réfléchir la société dans laquelle nous vivons.
Nous avançons ici l’hypothèse d’une archéologie entre-mondes.

En quête de compléments d’Histoire, nous tentons de combler des failles, proposer des alternatives, jeter des passerelles.
Des deux rives d’un même fleuve, nous vivons l’ici et l’ailleurs, naviguant de port en port, entre l’intime et le commun. Conscients de nos origines distantes, nos expériences appellent au rapprochement. Nous évoluons en marge des identités figées. Nous cherchons la résonance d’une pensée partagée, syncrétique, laissant l’imaginaire et le réel s’imbriquer.

Animés par des visions, nous questionnons les fondements de l’humain.
C’est à partir de traces éphémères, lumineuses et organiques, que nous construisons un territoire dont les contours s’effacent au fur et à mesure que l’on y entre. C’est là où nous sommes, dans cet entre-mondes.

Les photographies ici présentées sont des labyrinthes. Ce sont des invitations à cheminer dans des espaces-temps dilatés, où les rythmes et les harmonies sont multiples et entremêlés.

François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier, 2018

 

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An archaeology between-worlds


To explore, stride across, search, dig, pass by, sometimes to find.
Obliged by a rapid world based on power and domination, on isolation and borders, we are here gathered around a collective proposition questioning
freedom of expression, history, art and politics. Through this collaborative work, we take the roads less travelled, with a new way of looking and seeing,
in order to reflect on the society in which we live.

We hypothesize an archaeology between-worlds. Looking to complete history, we try to fill in the cracks and propose alternatives, to build the basis of a bridge.
From two banks of the same river, we live in the Here and Elsewhere, sailing from harbour to harbour, between the intimate and the shared. Conscious of our distant origins, our experiences call for us to gather. We evolve in the margin of frozen identities. We are looking for the echo of a shared thought, syncretic, that would allow imagination and reality to mix.

Moved by visions, we question the very foundations of the human. It is from ephemeral traces, illuminated and organic, that we build a territory whose edges erase themselves as we enter it. This is where we are, in this between-worlds.

The photographs presented here are mazes. They are invitations to navigate dilated time-spaces, where rhythms and harmonies are multiple and intertwined.


François-Xavier Gbré et Yo-Yo Gonthier, 2018