LES VIVANTS # 1

 

16 mars - mai 2019,  Ghost park - Les vivants #1

Photographies, films, installation,

Exposition personnelle, Chapelle Saint-Jacques Centre d'art contemporain, Saint Gaudens, France

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 Cher Yo-Yo

je crois qu'il sagit de va-et-vient.

Le territoire du Comminges s'isntalle tel un panorama. En voiture, de l'autoroute A64, à hauteur de Martres-Tolosane, s'imposent les Pyrénées. Vues imprenable, le grand beau temps te laisse admirer le Pic du Midi. Apparition merveilleuse ou réalité gigantesque ?

De Carbonne à Saint-Gaudens, le projet s'élabore aussi cet endroit. Les histoires que tu racontes au cours de ces allées et venues constituent le cheminement.

Durant tes recherches liées à cette résidence de territoire, tu vas rencontrer, tenter de trouver ce qui ne se voit pas, interroger des espaces réinventés. Le skatepark sera ton terrain d'élection.

Le mouvement rapide des glisseurs, leur inconséquence mesurée t'absorbent, te questionnent. Leur gestes sont une danse d'incanteation au réel fantasmé.

Les filmer, les photographier dans ces esquisses dangereuses participe de cette construction du réel.

Au sol, le mouvement du skateur est une inscription graphique dans le paysage.

Le panorama, affublé de ces apparitions, engendre une dynamyque dans le décor, devient le théatre de ces actions qui vont et viennent, rappellant ton voyage sur le grand ruban.

C'est une errance nouvelle, le décor est planté

Tes créations, ce sont ces ficrtions qui se construisent par ces multiples figures imposées.

Nous allons leur donner vie, y participer.

Valérie Mazouin, 2 novembre 2018

 

Chère Valérie,

Tu as raison, je guette les apparitions, celles qui font signe et qui aident à vivre. Les Pyrénées à l’horizon, c’est toute l’histoire de la région qui me traverse, me nourrit.

Celle, archaïque, qui me relie aux mythes et aux légendes qu’on me racontait enfant, aux abords du Sahara, là où je suis né,  et aussi celle plus récente qui raconte ceux qui fuient et qui luttent, et qui toujours cheminent.

J’ai eu plusieurs vies et plusieurs morts. Je n’ai fait que regarder, rencontrer, aimer, construire, cheminer.

Rien n’est immuable, seule la lumière demeure. Il me fallait saisir cela.

Mais comment saisir l’essence de notre vitalité ? L’état de conscience d’être vivant.

C’est par le contrepoint et le clair-obscur que je mets en place cette investigation en questionnant la figure du fantôme, du revenant, à la frontière entre le vivant et le mort, entre l’imaginaire et le réel. C’est un prétexte.

La pratique du skateboard m’a enseigné l’humilité face à l’hypothèse de la chute. C’est cette fin possible, comme une mort, qui donne l’intensité du geste et procure ce relâchement extatique lorsque le geste est accompli. Un skateur n’abandonne jamais. Depuis toujours, le mot d’ordre partagé par tous est : Sk8 or die (skate ou meurs).

Le skate Park de Saint-Gaudens, comme tous les autres est une antithèse de ce qu’est la philosophie libertaire prônée par les pionniers de la discipline. Ces espaces clos sont nés pour préserver les centres villes des nuisances causées par ces enfants trop agités pour être maintenus assis, contraints dans un système toujours plus formaté et normé.  Les skateurs sont des explorateurs disciplinés et concentrés. Le but est de cheminer en surpassant tous les obstacles, avec fougue et style. Il n’y a pas plus grand plaisir que celui de traverser une ville, sans heurt ni troubles, en étant nombreux, fluides, fiévreux et invincibles.

Alors oui le décor est planté, et les figures imposées, mais l’énergie collective poussent à l’émancipation et on ne sait pas jusqu’où vont aller les acteurs ni combien de temps ils vont tenté d’être vivants. Et c’est  bien, in fine, de cela dont il s’agit, l’accomplissement d’un geste aussi infime soit il, comme dans le théâtre de Peter Brook, la manifestation dans le vide de l’être humain.

Yo-Yo Gonthier, décembre 2018, correspondance avec Valerie Mazoin, directrice de  La chapelle Saint-Jacques, centre d'art contemporain. 

 

Ghost park

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Ghost Park, un film super 8 de Yo-Yo Gonthier, 2019

Ce film s’inscrit dans le projet Les vivants et la suite des films Une éclaircie (2013), La luz de tu cara, la luz de tu cuerpo (2016)

La figure du fantôme est un prétexte, un véhicule. Ce dont il est question ici ce sont les réminiscences d’histoires et de croyances archaïques qui subsistent dans nos sociétés modernes. Il y a les mémoires intimes et vécues, parcellaires et incomplètes, les valeurs et les espoirs, les visions et les effacements.

Que subsiste-t-il de ce qui nous a été transmis et que transmettons-nous ? Que choisissons-nous de transmettre ?

Parfois resurgissent, dans les silences et les interstices fragiles du temps, des histoires qu’on se raconte, archaïques, des croyances, des mythes et des légendes qui persistent et forgent nos imaginaires.

Il y a aussi ce que le corps nous raconte, ce qu’il est, ce qu’il contient, un précipité de ce qui nous a été transmis. Nous héritons d’un patrimoine dont la préciosité nous échappe. Pourtant, le corps parle, sensible et insondable.

Nous sommes habités par des histoires. Nous sommes ce qui nous habite.

Mais que deviennent les histoires qui n’ont pas été transmises quand nous disparaissons ?

 Yo-Yo Gonthier, Saint-Gaudens,  2018

 

Ce film a été réalisé dans le cadre de la résidence de Territoire / Dispositif Politique de la ville - Saint Gaudens 2018
Avec le soutien de la Chapelle Saint-Jaques centre d'art contemporain à Saint-Gaudens, France

Avec : Adrien LAGRANGE, Marc DURY, Roxy ROBY, Baptiste SALLES, Andrea HERTZ, Mateo ANERE, Leo ALONSO, Théo LURDES, Sylvain BURGALA, Quentin HOAREAU, Vincent LOUBATIE, Hugo LSHA, Constant ROUX

Et les enfants de L'ITEP de Saint Ignan : Mathéo PEREA, Erick Junior BARTHE, Gaëtan PERROTON, Kelvin MICHENAUD, Sébastien SERRE
Merci à toute l''équipe de la Chapelle Saint Jacques et à celle de L'ITEP de Saint-Ignan

 

VOIR LE FILM
(Pour voir le film vous devez être munis d'un mot de passe)

 

 

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